Le dimanche 7 décembre a commencé avec un parfum de crise à Cotonou. À l’aube, des militaires ont forcé l’entrée de la télévision publique pour y diffuser un court message affirmant que le président Patrice Talon n’était plus au pouvoir. Leur proclamation évoquait la création d’un conseil de transition mené par un officier qui se présentait comme le lieutenant-colonel Pascal Tigri.
Ce coup de force n’a toutefois pas résisté bien longtemps. Avant même que la journée ne soit avancée, les forces de sécurité béninoises ont repris le contrôle des lieux. Le ministre de l’Intérieur a assuré que le président se trouvait en sécurité et que les activités gouvernementales se poursuivaient normalement.
Selon les motivations énoncées par les mutins, leur action visait à répondre à des inquiétudes portant sur la gestion du pays, la transparence et la sécurité, notamment dans les zones nord. Ce type de discours, justifiant la prise de pouvoir par un sentiment d’urgence nationale, n’est pas inédit dans la région.
L’incident fait écho à d’autres signaux apparus ces derniers mois. En 2024 déjà, une tentative de déstabilisation avait été annoncée, entraînant plusieurs arrestations et durcissant le climat politique à l’approche de la présidentielle de 2026. Le Bénin, souvent cité comme un exemple démocratique, semble aujourd’hui traversé par des tensions moins visibles mais bien réelles.
Sur la scène africaine, la réaction a été immédiate. L’Union africaine a condamné toute démarche visant à renverser un gouvernement élu par des moyens non constitutionnels, rappelant l’instabilité croissante observée en Afrique de l’Ouest.
Si l’ordre a été rétabli, cet épisode aura eu l’effet d’une piqûre de rappel : derrière l’image d’un pays stable, des rivalités et des frustrations continuent de se faire entendre, parfois de manière brutale. Reste à savoir si les autorités béninoises sauront, dans les jours à venir, apaiser les doutes qu’a fait surgir cette matinée mouvementée.
