Il était encore tôt lorsque la résidence du maire de Port-au-Prince est devenue, pour quelques heures, le théâtre d’une opération policière inhabituelle. Dans une capitale déjà éprouvée par l’insécurité et l’incertitude institutionnelle, l’événement n’a pas tardé à susciter interrogations et spéculations.
Ralph Youri Chevry, connu pour son franc-parler et son attachement revendiqué à la légalité républicaine, a choisi de répondre par un communiqué long et posé. Il y décrit une intervention qu’il estime irrégulière, tout en affirmant avoir coopéré calmement avec les autorités. Ce choix narratif dessine le portrait d’un responsable cherchant à préserver sa légitimité morale autant que politique.
Le maire rappelle son lien personnel avec Port-au-Prince, une ville qu’il dit continuer à servir malgré les turbulences. Cette dimension affective, discrètement glissée dans la déclaration, contraste avec le caractère technique du reste du texte et renforce l’image d’un homme se présentant à la fois comme citoyen, élu et justiciable.
Pour l’heure, aucune procédure judiciaire formelle n’a été rendue publique. La seule certitude réside dans l’existence d’un malaise institutionnel, palpable, où les lignes entre action légitime de l’État et perception d’abus restent floues.
À Port-au-Prince, plus qu’ailleurs peut-être, chaque événement de cette nature dépasse le simple cadre individuel. Il interroge la relation entre pouvoir, droit et confiance citoyenne. Tant que les zones d’ombre persisteront, cette affaire restera moins un dossier judiciaire qu’un miroir des fragilités profondes de la gouvernance haïtienne.
