La nuit était déjà bien avancée lorsque la musique a pris possession de La Réserve Restaurant, à Pétion-Ville. Ce mercredi 7 janvier 2026, le After Hours du PAPJAZZ s’est transformé en un espace suspendu, hors du temps, porté par la présence singulière de Titi Congo. Pas de scène spectaculaire, pas d’effets superflus : seulement une salle attentive, une lumière tamisée et un artiste décidé à parler au cœur avant de séduire l’oreille.
Dès les premières notes, l’ambiance a changé de texture. La reprise de What a Wonderful World n’a pas été livrée comme un classique attendu, mais comme une confidence. La voix grave de Titi Congo, profonde et ancrée, s’est déplacée avec aisance vers des hauteurs plus aériennes, créant un contraste troublant, presque déroutant. On n’écoutait plus simplement une chanson : on entrait dans un univers, fait de silences habités et de respirations assumées.
Au fil de la performance, les tambours ont trouvé leur place, non comme accompagnement, mais comme langage. Le chant, la parole et le rythme se répondaient, dessinant une trame musicale organique, enracinée dans les traditions haïtiennes tout en restant ouverte aux libertés du jazz. Le public, dense mais discret, suivait sans bruit, comme conscient d’assister à un moment qui ne se répète pas.
La tenue de l’artiste, pensée dans une esthétique sobre et symbolique, participait à cette cohérence d’ensemble. Chaque détail semblait prolonger le propos musical : rien n’était décoratif, tout avait un sens. Ici, l’art ne se montrait pas, il se transmettait.
Ce After Hours du PAPJAZZ 2026 n’a pas cherché à impressionner. Il a préféré marquer. La prestation de Titi Congo s’est imposée par sa retenue, sa sincérité et sa profondeur. Une nuit sans excès, mais chargée de vibrations durables, où la musique a rappelé qu’elle peut encore rassembler, apaiser et interroger, simplement en étant vraie.


